LE MARKETING DES SUPERALIMENTS

Prenez par exemple les baies de goji, le cacao cru, la poudre de maca, l’extrait de meringue et l’acai: qu’ont-ils tous en commun? Eh bien, ces aliments sont presque toujours considérés comme «super aliments» (par la suite appelés « superfoods »). En effet, le mot “superfoods” donne envie et sonne bien. Mais est-ce que ces superfoods – comme on nous fait croire – sont-ils vraiment « mieux », « plus puissants », « plus nutritifs » et « parfaits pour stimuler notre santé »?

La plupart de ces «superfoods» sois proviennent de régions lointaines (donc moins connus et moins répandus en Occident) ou sois elles sont classées comme « élixirs, extraits et concentrés » (pour le boost supplémentaire?). Ne devrions-nous donc pas nous demander si les superfoods sont vraiment plus nutritifs (par rapport à quoi?)et indispensables pour une santé optimale et maximisée?

Il me semble qu’on appelle les aliments mentionnés ci-dessus (et ce ne sont que quelques exemples) « superfoods » seulement dans le monde occidental, où la consommation d’ eux n’était ni populaire ni une habitude jusqu’à récemment. Par exemple, les baies camu camu ne sont pas une rareté en l’Amazonie en Amérique du Sud, ni le sont les baies de goji en Asie centrale. Pourtant, seulement ici nous les surnommons « superfoods ». Serait-il possible que le marketing intelligent ait influencé la création de cette nouvelle catégorie alimentaire?

Il ne s’agit pas ici de blâmer le marketing. J’ai moi-même travaillé de nombreuses années dans la commercialisation des produits. Le marketing a la vocation de « servir un marché (ses consommateurs et ses besoins) », mais peut aussi «créer un marché ou augmenter le potentiel d’un segment». Par conséquent, nous sommes au cœur de la discussion: Des messages plus ou moins subtils sont utilisés pour nous faire croire que les superfoods sont « supérieurs » à tout ce que nous mangeons – même comparé à une alimentation saine.

Concernant les superfoods ont met souvent l’accent sur un seul micronutriment contenu à haute dose. Prenons par exemple les baies de goji (pauvres baies de goji de devoir servir pour la comparaison…) qui sont considérées comme une excellente source de vitamine C: pourtant, 100gr de baies de goji contiennent environ 48mg de vitamine C, tandis que 100gr de chou vert frisé (kale) en contient 120mg. Par conséquent, a-t-on vraiment besoin de baies de goji pour booster le niveau de vitamine C?

De plus, nous parlons moins souvent d’effets négatifs potentiels sur nos systèmes biologiques. Prenons le cas du chocolat tant aimé qui contient de hautes doses de magnésium. Cependant, presque jamais on parle du fait que le cacao contient aussi de quantités élevées de théobromine et de caféine (entre autres). Les deux ont la capacité de stimuler (sur-stimuler ?) notre système nerveux central (donc, nous nous sentons alertes et éveillés) et les glandes surrénales – des effets non-désirables.

Qu’en est-il de l’idée de « superfoods » comme un booster pour la santé? Eh bien, on peut supposer que le rajout des superfoods à une mauvaise alimentation sera (marginalement?) bénéfique – selon la devise « mieux que rien … ». Pourtant, ainsi les superfoods deviennent l’équivalent de prendre une cachet pour effacer des symptômes – la solution « quick-fix » qu’on cherche tant. Dit plus brutalement, il pourrait y avoir une attitude de «tant que j’ajoute des superfoods  à mon alimentation, je n’ai pas vraiment à me soucier de ce que je mange ». Donc, manger des « superfoods » comme un moyen de gérer la mauvaise conscience de manger mal?

Je ne suis certainement pas contre la consommation des « superfoods », j’en consomme régulièrement moi-même. Je propose juste de les acheter, les manger et les apprécier pour les bonnes raisons. Parce qu’ils ont un bon goût, parce qu’ils créent de l’excitation et de la diversité, parce que je veux expérimenter de nouvelles saveurs et textures, parce que je veux soutenir les fabriquant lointains et le commerce équitable … il y a tellement de motifs merveilleux!

Ensuite, il y a une autre question qui est importante: en parlant de « superfoods », comment se fait-il que les graines germées, les jeunes pousses et les algues n’y figurent rarement? Toutefois, les deux catégories d’aliments sont parmi celles qui ont la concentration la plus élevée de nutriments, en particulier les micronutriments (minéraux, vitamines, enzymes, …)! J’irai même jusque à dire que s’il y a une catégorie d’aliments digne d’être étiquetés « superfoods », c’est sont à la fois les graines germées et les algues! Cela dit, je m’imagine bien que les aliments plus « exotiques et sexy » (dont le chocolat) se commercialise plus facilement…

Ce que je suggère est plus de remise en question et remise à plat de ce que nous mangeons et ne pas se laisser si facilement séduire par de dites bénéfices des superfoods. Il y a beaucoup d’aliments “très puissants” à notre portée, comme les légumes verts foncés « à feuilles » (salades, choux, épinards, blettes…), les légumes de toutes sortes, les céréales, les graines, les légumineuses, les noix, … ainsi que les graines germées et les algues. Ensemble ces aliments nous donnent aisément accès à tous les nutriments essentiels (précision: à l’exception de la vitamine B12 et de la vitamine D3).

En fin de compte, il faut d’abord avoir une compréhension de base de comment la nutrition fonctionne, ce qui est recommandé et ce qui n’est pas, comment démarrer une transformation alimentaire et comprendre où se trouvent de pièges potentiels. Par la suite, une alimentation (plus) saine devient simple et les choix nutritionnels peuvent être pris d’une façon plus responsable – surtout plus indépendamment des accroches vendeurs, le marketing et les fausses croyances.

 ©The Vibrant Factory
À propos de Stefan Lehner: Coach et éducateur en nutrition basé à Paris, disponible dans le monde entier. Il a précédemment travaillé dans le management d’une entreprise multinationale. Il préconise l’impact énorme des choix alimentaires et du style de vie sur la santé et le bien-être et se concentre sur les transformations durables en questionnant le « quick-fix ».
http://www.thevibrantfactory.com, sur Facebook et Instagram

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