L’ETAT AMOUREUX… NOTRE CULTE DES PROTÉINES

« D’où est-ce que tu obtiens des protéines ? » est probablement la question la plus fréquemment posée à un végétarien. Pourtant nous ne discutons jamais le bon niveau d’apport quotidienne, ni les problèmes de santé associés aux régimes hyper-protéiniques. La protéine continue d’être le nutriment dont nous nous inquiétons le plus.Le régime Atkins, le régime paléo … ils préconisent tous des quantités élevées de protéines (c’est-à-dire la protéine d’animal, car avec la protéine vegan nous ne pouvons pas facilement « exploser » le niveau protéinique). Certes, nous avons besoin d’un apport quotidien en acides aminés (les pierres de briques pour former les chaînes de protéines). Au même temps, nous avons également besoin de glucides, graisses et micronutriments. Qui parmi nous s’en préoccupe réellement? À peine jamais… Nous sommes amoureux fervent des protéines. (A noter: Une clé pour la santé, la vitalité et le poids personnel adéquat est a) le bon équilibre entre protéines, glucides, lipides et des micronutriments et b) la provenance, la qualité et l’absorbabilité des nutriments).

Cet article, cependant, examinera notre obsession avec la protéine à travers son histoire qui influence encore aujourd’hui nos croyances et les mythes sur la nutrition. Notre fascination intellectuelle à l’égard de la viande, des œufs et des produits laitiers a commencé il y a plus de 150 ans (sans oublier l’évolution humaine et nos modes d’alimentation depuis des millions d’années). Des point de vues alternatives et moins biaisées existaient toujours, et pourtant, ces voix avaient (et ont encore) des difficultés à se faire entendre. Comme souvent, l’histoire nous enseigne beaucoup…

« L’histoire de l’importance excessive accordée aux protéines » :

1839: La protéine est décrite chimiquement par Gerhard Johannes Mulder (chimiste néerlandais). Il emploie le terme «protéine» pour la première fois dans un article en français «Sur la composition de quelques substances animales».

“Protéine” vient du mot grec protéios (“primaire, primordial”). Dès le début, donc, on a donné à ce nutriment – à travers son nom – un rang essentiel dans la nutrition humaine…

1843: Justus von Liebig (chimiste allemand) déclare (sans avoir fait de la recherche) que «les humains ont besoin avant tout des protéines pour l’activité musculaire, et non pas des lipides ou des glucides». Plus tard, Adolf Fick et Johannes Wislicenus s’opposent à cette idée en mesurant la modification de l’azote urinaire (un déchet du métabolisme des protéines) pendant la randonnée. Ils concluent que la quantité limitée de protéines métabolisées ne peut pas être suffisante comme source d’énergie pour l’alpinisme.

Vers 1870: le Dr Carl von Voit (physiologiste allemand) établit le «Standard Voit», basé sur l’observation des travailleurs. Bien qu’il ait établi un besoin quotidien de seulement 52 grammes pour un homme moyen, il suggère une consommation quotidienne de 118 grammes de protéines (en ligne avec les normes américaines et européennes de l’époque de 100 à 189 grammes). Il croit qu’une personne d’un certain pouvoir d’achat choisirait instinctivement la consommation de la viande. Sa recherche est incomplète, il considère juste la protéines d’animal «le meilleur du meilleur».

1904: Russell Henry Chittenden (Université de Yale) compromet le Voit Standard. Il y a 100 ans déjà, il souligne les problèmes au niveau des reins et du foie en raison d’une forte consommation de protéines ! Dans une petite étude (avec le personnel et des athlètes de Yale pendant neuf mois) il prouve que les participants restent en bonne santé avec seulement 1/3 d’apport en protéines du Voit Standard. Après trois études il détermine une consommation quotidienne de 30-50 grammes de protéines pour un adulte moyen comme adéquat (En ligne avec l’EAR et RDA/ANC d’aujourd’hui).

1914: Lafayette Benedict Mendel et Thomas Burr Osborne (ils ont découvert la vitamine A) stipulent que la protéine provenant d’animaux (viande, œufs, produits laitiers) est supérieure (source A) à la protéine végétale (source B, inférieure). Ils basent leurs convictions sur des tests avec des rats et concluent que «les plantes contiennent trop peu d’acides aminés essentiels pour assurer une croissance normale des rats». Comme si on pouvait comparer la nutrition humaine à celle des rats…

1940: Le Dr William Cumming Rose (Université de l’Illinois) découvre 10 acides aminés essentiels nécessaires pour la bonne santé des rats. Par conséquent, en raison de leur composition d’acides aminés essentiels, la protéine animale est déclarée le «Golden Standard». Des études ultérieures ont parfaitement démontré que les besoins nutritionnels des rats sont très différents de ceux des humains. Par exemple, les bébé rats doublent leur taille en 4-5 jours, le bébés humains en 6 mois. Les rats deviennent adultes en 6 mois, alors que les humains en 17 ans environ…). En 1942, il découvre les 8 acides aminés essentiels (un 9ème « essentiel » est rajouté beaucoup plus tard) pour l’homme. Il estime que ces acides aminés essentiels peuvent être parfaitement « sourcés » par des aliments végétaliens.

1971: Frances Morre Lappé publie le livre «Diet for a Small Planet» (Publié en France sous le titre « Sans viande et sans regrets : Un régime alimentaire pour une petite planète »), préconisant une alimentation végétarienne en tant que solution pour la famine dans le monde. Pour rassurer le public sceptique, elle introduit le concept erroné de «combinaison protéinique» («vous devez combiner les légumes d’une certaine manière pour simuler l’apport protéinique de la viande »). Ce concept est incorrect, mais a entériné l’idée de l’infériorité des protéines végétales.

1979: Nathan Pritikin (nutritionniste américaine) propose aux Etats-Unis le «régime Pritikin» s’inspirant par les régimes des peuples indigènes (principalement végétariens, peu de maladies cardiovasculaires). Son idée: limiter les protéines et les graisses, régime riches en glucides non-transformés (légumes, fruits, graines et légumineuses). Un pas la bonne direction…

2001: Le Comité nutritionnel de l’American Heart Association publie un rapport mentionnant le risque de santé des régimes hyper-protéiniques (comme le régime Atkins). Malheureusement, le rapport dit également: «Bien que les protéines végétales forment une grande partie de l’alimentation humaine, la plupart sont déficients en un ou plusieurs acides aminés essentiels et sont donc considérés comme des protéines incomplètes». Techniquement correct, pourtant cette phrase renforce l’idée erronée selon laquelle un régime vegan varié ne peut pas fournir une alimentation saine et complète en nutriments. La cerise sur le gâteau: Parmi les références scientifiques (!), le rapport cite le livre non scientifique “Diet for a Small Planet”…

D’ailleurs, 40% de la population indienne est végétarienne, au Gujarat ce taux est même de 80% (Source: Wikipedia). Pourtant, ces végétariens ne sont pas tous mal nourri, faible ou en manque de protéines, n’est-ce pas? Il est largement temps de contester les anciennes croyances, convictions et habitudes.

Peut-être nous devons remettre en question ce que on a appris et ce que on nous dit ? Peut-être, en changeant notre façon de nous alimenter, nous pouvons améliorer notre santé, notre bien-être, notre vitalité?

Autres questions à se poser: Comment puis-je obtenir les acides aminés (protéines) nécessaires à partir des sources végétales (incluant aussi les graines, les noix, les légumineuses, les graines germées)? Quelles sont les conséquences néfastes de la consommation de la viande (contient zéro fibre, problèmes cardiovasculaires, contient zéro composés phytochimiques (un micronutriment), quantité limitée de minéraux et de vitamines, risques potentiels de maladie d’affluence…) ?

Personnellement j’arrive toujours à la même conclusion, qui est d’assumer la responsabilité de nos propres choix: Tout le monde doit décider librement de quoi manger … et ensuite en être pleinement responsable. Par conséquent, aussi assumer la responsabilité pour les conséquences qui en découlent (problèmes de poids, problèmes cardiovasculaires, maladies d’affluence, manque de vitalité, problèmes de peau…). Les problèmes de santé ne sont pas une punition du destin, mais la plupart du temps le résultat du style de vie personnel (la nutrition, bien entendu, mais aussi les facteurs émotionnelles, environnementales et le stress au sens large). Notre sante, notre bien-être physique et la qualité de notre vie sont littéralement entre nos mains. Chaque transformation commence par un premier pas (suivi par un autre, et encore un autre…)!

©The Vibrant Factory
À propos de Stefan Lehner: Executive coach, Life coach, ainsi que coach et éducateur en nutrition basé à Paris, disponible à intervenir dans le monde entier. Il a précédemment travaillé dans le management d’une entreprise multinationale. Il préconise l’impact énorme des choix alimentaires et du style de vie sur la santé et le bien-être et se concentre sur les transformations durables en questionnant le « quick-fix ».Son credo, en coaching exécutive ainsi qu’en coaching autour de nutrition est la responsabilisation : devenir responsable de ses choix, ses envies et ses actes.
www.thevibrantfactory.com, sur Facebook et Instagram

 

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